LE JAPON EN UN VOYAGE

Et si vous ne deviez vous rendre au Japon qu'une seule fois dans votre vie ?
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Voilà une question bien difficile pour un pays si fascinant et si riche à tous points de vue. Ce serait dommage me direz-vous, car il peu probable qu'il soit possible de faire en un seul voyage le tour d'un archipel qui ne pourrait se résumer à Tokyo, Kyoto et quelques bourgades de montagne désormais dans tous les guides. Pourtant le Japon, ce n'est pas la porte à côté ; un tel voyage ne s'organise pas tous les quatre matins. 12 heures d'avion tout de même, un budget non négligeable et surtout cette fameuse barrière de la langue qui freine encore les ardeurs de bon nombre de voyageurs.

​C'est un peu dans cette optique que j'ai abordé ce premier voyage au Japon, non pas que je sois persuadé de ne pas y retourner, bien au contraire, mais je voulais capturer les images et les parfums d'un sol que je n’aurais peut-être plus la chance de fouler.

Ainsi à chaque instant, j'ai cherché à capturer avec mon appareil photo ce que mon œil ne reverrait peut-être plus jamais. J'ai aussi tenté d'offrir à d'autres ces instants magiques d'une balade à 6 heures du matin dans les rues désertes de Kyoto, sur un marché de Takayama, un lever de soleil sur les monts Hida ou une prière des moines dans le sanctuaire bouddhique de Koya-San.

Le Japon vous attend, il vous tend les bras, mais n'oubliez jamais que ce pourrait être la seule fois de votre vie...

L'AME DU JAPON

Comment ne pas prendre un plaisir immodéré à photographier tout ce qui bougent. Dans ce pays, qui a inventé la photographie grand public et ou les marques de Nikon, Pentax, Canon résonnent dans le cœur de chaque photographe, il va de soi de canarder à longueur de journées et de nuits, ces ruelles étroites grouillantes de restaurants et de ventres affamés, ces temples aux forêts de Torii rouge vifs, ces lampions éclairant les nuits chaudes de Shibuya ou de Shinjuku, et ces jardins magnifiques où là aussi, rien n’est fortuit, où chaque point de vue, chaque perspective est le fruit d’un long travail d’agencement et d’un souci du détail quasi maniaque.

WABISABI

Je voulais trouver parmi les expressions idiomatiques japonaises celle qui puisse évoquer ce voyage et je suis tombé assez vite sur cette expression qui parle de la beauté du temps qui passe. Ce concept esthétique bien particulier, dérivé des principes bouddhistes tente en effet d’unir deux notions : le Wabi, la solitude mélancolique ainsi que la simplicité des choses et le sabi, l’altération du temps avec la patine que prenne les objets avec les années. L’alliance des deux a donné notamment l’art des bonsaïs ou des jardins de pierres seches, comme celui de Ryoan-Ji*. Ce wabi-sabi je trouve, sied bien aux voyages d’une façon générale, qui une fois passés, laissent une trace simple et dépourvue de toutes les complexités matérielles du présent. Des souvenirs qui se fanent un peu avec les années mais qui étonnement deviennent plus clairs et plus beaux.

TOKYO

Après 12 heures de vol Paris, nous voici arrivés dans la moiteur de l’été Tokyoïte, porte d’entrée de notre premier séjour au Japon. Un rêve que l’on se surprend à vivre alors que nous pensions qu’un tel voyage devrait rester longtemps un horizon lointain. Et bien oui, nous y sommes et à peine sortis de l’aéroport international d’Haneda, nous ressentons déjà cette atmosphère si particulière d’un pays où rien n’est laissé au hasard, où chaque chose semble à sa place, objet d’un équilibre qui nous parait si étrange à nous, venus d’un pays éminemment latin et sans doute un peu « free style ».

Qui n’a pas vu et expérimenté la ville japonaise ne sait pas vraiment ce que le mot ville veut dire.

Tokyo est de ce point de vue hors-norme, déjà de part sa superficie et son nombre d’habitant mais aussi est surtout car elle concentre tout ce que les hommes ont pu imaginer de plus hallucinant pour faire tourner une économie ; Gares gigantesques, réseaux de transport tentaculaires, skyline à perte de vue, industries lourdes, distractions en tout genre et surtout de quoi se nourrir. Rien qu’à Tokyo on compte près de 160 000 restaurants. Ils se concentrent près de gare qui sont de véritables villes comptant des centaines de boutiques et de services.

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